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Un BLOG invité
du Journal SUD OUEST

Art, BD, Ciné, Livres…
critiqués par les blogueurs de blogsudouest.com

Tiré à part

Ecrit en février 1997

 

tire a partC’est con, j’ai bien aimé le film, alors je ne vais pas pouvoir me défouler dessus. C’est une superbe histoire de vengeance, originale à souhait et bien filmé.

   Si tu peux et si tu causes l’english, ça vaut vraiment le coup de le voir en VO. Cela ajoute une touche subtile à la saveur de la sauce à la menthe qui lie le film (qui se passe à cheval des deux côtés de la Manche. Donc, ça ne pose aucun problème quand le père Marie baragouine le shakespearien avec l’accent parisien).

   Les dialogues baignant d’humour british d’un vieux lord cravaté par Cambridge sont succulents.

   Je peux quand même dire que la séance de tribunal correctionnel (pour en avoir vécu mon content (du bon côté de la barre)) ne correspond pas du tout à la réalité, mais je ne jugerai pas le film là dessus et ça passe très bien avec le reste.

      Chaque scène entre l’éditeur et sa secrétaire est un petit chef-d’oeuvre, un ensemble de miniatures finement ciselées qui rappellent que faire rire un spectateur est bien un art et non pas un simple réflexe conditionné.

   La seule touche de regret c’est le rôle donné à la gamine qui joue la nièce de la morte-trop-tôt. Ce rôle de fantôme parce qu’elle ressemble comme deux gouttes d’eau à sa tante (bien pratique pour les scènes de flash back et les photos souvenirs disposées de ci de là dans le film) aurait dû s’arrêter là. Etre la pointe aiguisée dans le coeur de celui qui a perdu son seul amour et qui voit de ses yeux vus, trente ans plus tard, la réalité de ce qu’il n’a jamais pu vivre.

   Mais ensuite la faire tomber amoureuse de l’éditeur, uniquement parce qu’elle aurait passé sa jeunesse à lire et relire et rerelire le seul livre qu’il ait jamais écrit et qu’il n’a jamais publié, ça ne fonctionne pas. A la limite (mais je ne sais pas où le scénariste aurait pu caser ça) c’est le vieux qui aurait pu tomber dans les charmes (pas “sous” les charmes puisqu’on ne voit aucun dessous dans le film) de la jeune fille. Mais, bon, ça passe aussi parce qu’on n’insiste pas trop là dessus.

   Et puis, si elle était vraiment amoureuse, à la fin, au lieu de se barrer en pleurant, elle aurait compris qu’elle avait enfin sa chance, maintenant que la vengeance était arrivée à son terme.

   Enfin un film où la vengeance est froide, calculée jusque dans le dernier millimètre, avec des arguments en béton armé, une machine inexorable dans laquelle le coupable ne peut qu’être broyé. Et en plus, on découvre enfin, grâce à ce film que la vengeance n’est pas l’apanage d’une femme bafouée ou violée ou trompée ou laissée pour compte. Elle peut se manger froid par un homme

 

signé : Machin



15 mai 2008 - Aucun commentaire
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Breaking The Waves (Casser Les C…)

Cette critique avait été rédigée à la sortie en salle de BTW, bien avant que Lars von Trier n’avoue que son dogme n’était qu’une mystification. Mais je n’en démords pas, 2h38 de mystification, moi j’appelle ça de l’escroquerie.

BTW

Bon d’accord, déjà j’avais un a priori. Mais après tout, dans mon fort (Chabrol) intérieur cinématographique, je me suis dit que peut-être c’était l’occasion où jamais de me réconcilier avec le cinéma intello non woodyallénien.

Et bien c’est raté.

La seule différence entre « Breaking the waves » et Vidéo gag c’est que dans le premier il n’y a pas de gag. Sinon, c’est filmé exactement pareil. 2h30 d’images floues et tout droit sorties d’un caméscope. 2h30 filmées caméra sur l’épaule par un cameraman qui devrait visiblement faire un peu de musculation pour tenir son objectif dans l’axe.

Il paraît que ça s’appelle le cinéma vérité. Moi je suis désolé, dans ma vie véritable, je ne vois pas flou et je ne tremble pas quand je fixe mon regard autour de moi.

Ensuite, je me demande vraiment pourquoi on interdit ce film aux moins de douze ans. Il y a juste une scène où on voit la zigounette du monsieur et une autre où c’est la zigoune de la dame qui apparaît. Mais on ne les voit même pas en train de se faire la bise ou se serrer la pogne (la zigoune et la zigounette, enfin si mais le monsieur qui est sur la madame cache presque tout). Remarque, on aurait dû carrément l’interdire aux moins de 18 ans, car je vois mal un adolescent supporter 2h30 assis sur son siège à endurer ce spectacle. Il faut déjà avoir acquis une bonne dose de patience vitale pour y arriver.

Oser qualifier le film de « mélodrame passionnel et érotique » c’est carrément de la publicité mensongère passible du correctionnel. Le seul « érotisme » se situe à l’arrière d’un bus quand Bess se met à branler un inconnu et on ne voit finalement que le pantalon du monsieur s’agite de mouvement suspects (en fait je me demande si ce n’est pas aussi le seul gag du film parce que ça a fait sourire (je n’oserai pas dire « rire » toute la salle)).

Je lis aussi dans la critique enjoliveuse : « Une mise en scène flamboyante et une histoire d’amour fou qui vous étourdiront »… on croit rêver…

Dire qu’il y a des longueurs est comme on dit dans la profession de l’écrit « un doux euphémisme ». Déjà, il faut compter une bonne vingtaine de minutes consacrées à des « cartes postales » introductives qui illustrent chacun des huit chapitres de l’histoire. Pendant deux à trois minutes, on reste le nez sur l’écran où s’affiche un paysage fixe (mais mobile comme le montre subtilement la course des nuages ou un autobus traversant l’écran). Il est vrai que ce sont huit belles vues avec des couleurs retravaillées sur de superbes paysages d’Ecosse, mais une petite quinzaine de secondes auraient amplement suffi. Toutefois, trois minutes fixes entre chaque chapitre c’est très reposant pour l’œil qui vient de subir une valse de caméra tous azimuts.

J’ai versé une larme à « Independance day » (j’avoue), j’en ai épanché une autre en visionnant « le Jaguar » (je re-avoue) mais mes yeux sont restés secs devant « Breaking the waves ». Parce que ça ne fonctionne pas du tout. Son histoire qui se veut hyper réaliste est hyper chiante et on n’entre absolument pas dedans. Grand Prix du jury au Festival de Cannes 1996, César du meilleur film étranger, c’est une mystification complète. En 1950, on aurait pu crier au génie mais 46 ans plus tard, ce genre de cinéma est complètement has been. Comme « ID » reprend tous les clichés du cinéma ET, « BTW » reprend tous les clichés du cinéma intello, sans apporter une touche d’originalité.

Il n’y a qu’une satisfaction, le jeu d’acteur de l’actrice principale. Elle est extraordinaire de vérité dans un film complètement faux. Elle joue tellement bien que l’on ne peut pas imaginer que dans la vie de tous les jours, ce soit une femme ordinaire. L’expression de ses sentiments à travers son visage est une composition digne de la plus grande oscarisable… mais un petit quart d’heure suffit amplement pour s’en apercevoir et on n’avait pas besoin de 2h38 pour ça.

A mon avis, on aurait filé un petit caméscope au réalisateur pour qu’il nous ponde un court métrage tourné dans sa salle de bain, ça aurait amplement suffit.


Signé : Machin

 

Voici la bande annonce et comme par Zazard, on y voit la scène ou apparaît la zigoune


BTW video





15 mai 2008 - 1 commentaire
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