Breaking The Waves (Casser Les C…)
Cette critique avait été rédigée à la sortie en salle
de BTW, bien avant que Lars von Trier n’avoue que son dogme n’était qu’une
mystification. Mais je n’en démords pas, 2h38 de mystification, moi j’appelle
ça de l’escroquerie.
Bon
d’accord, déjà j’avais un a priori. Mais après tout, dans mon fort (Chabrol)
intérieur cinématographique, je me suis dit que peut-être c’était l’occasion où
jamais de me réconcilier avec le cinéma intello non woodyallénien.
Et bien c’est raté.
La seule différence entre « Breaking the
waves » et Vidéo gag c’est que dans le premier il n’y a pas de gag. Sinon,
c’est filmé exactement pareil. 2h30 d’images floues et tout droit sorties d’un
caméscope. 2h30 filmées caméra sur l’épaule par un cameraman qui devrait
visiblement faire un peu de musculation pour tenir son objectif dans l’axe.
Il paraît que ça s’appelle le cinéma vérité.
Moi je suis désolé, dans ma vie véritable, je ne vois pas flou et je ne tremble
pas quand je fixe mon regard autour de moi.
Ensuite, je me demande vraiment pourquoi on
interdit ce film aux moins de douze ans. Il y a juste une scène où on voit la
zigounette du monsieur et une autre où c’est la zigoune de la dame qui
apparaît. Mais on ne les voit même pas en train de se faire la bise ou se
serrer la pogne (la zigoune et la zigounette, enfin si mais le monsieur qui est sur la madame cache presque tout). Remarque, on aurait dû carrément
l’interdire aux moins de 18 ans, car je vois mal un adolescent supporter 2h30
assis sur son siège à endurer ce spectacle. Il faut déjà avoir acquis une bonne
dose de patience vitale pour y arriver.
Oser qualifier le film de « mélodrame
passionnel et érotique » c’est carrément de la publicité mensongère passible du
correctionnel. Le seul « érotisme » se situe à l’arrière d’un bus quand Bess se
met à branler un inconnu et on ne voit finalement que le pantalon du monsieur
s’agite de mouvement suspects (en fait je me demande si ce n’est pas aussi le
seul gag du film parce que ça a fait sourire (je n’oserai pas dire « rire »
toute la salle)).
Je lis aussi dans la critique enjoliveuse :
« Une mise en scène flamboyante et une histoire d’amour fou qui vous
étourdiront »… on croit rêver…
Dire qu’il y a des longueurs est comme on
dit dans la profession de l’écrit « un doux euphémisme ». Déjà, il faut compter
une bonne vingtaine de minutes consacrées à des « cartes postales »
introductives qui illustrent chacun des huit chapitres de l’histoire. Pendant
deux à trois minutes, on reste le nez sur l’écran où s’affiche un paysage fixe
(mais mobile comme le montre subtilement la course des nuages ou un autobus
traversant l’écran). Il est vrai que ce sont huit belles vues avec des couleurs
retravaillées sur de superbes paysages d’Ecosse, mais une petite quinzaine de
secondes auraient amplement suffi. Toutefois, trois minutes fixes entre chaque
chapitre c’est très reposant pour l’œil qui vient de subir une valse de caméra
tous azimuts.
J’ai versé une larme à « Independance day » (j’avoue),
j’en ai épanché une autre en visionnant « le Jaguar » (je re-avoue) mais mes
yeux sont restés secs devant « Breaking the waves ». Parce que ça ne fonctionne
pas du tout. Son histoire qui se veut hyper réaliste est hyper chiante et on
n’entre absolument pas dedans. Grand Prix du jury au Festival de Cannes 1996, César du meilleur film étranger, c’est
une mystification complète. En 1950, on aurait pu crier au génie mais 46 ans
plus tard, ce genre de cinéma est complètement has been. Comme « ID » reprend
tous les clichés du cinéma ET, « BTW » reprend tous les clichés du cinéma
intello, sans apporter une touche d’originalité.
Il n’y a qu’une satisfaction, le jeu
d’acteur de l’actrice principale. Elle est extraordinaire de vérité dans un
film complètement faux. Elle joue tellement bien que l’on ne peut pas imaginer
que dans la vie de tous les jours, ce soit une femme ordinaire. L’expression de
ses sentiments à travers son visage est une composition digne de la plus grande
oscarisable… mais un petit quart d’heure suffit amplement pour s’en apercevoir
et on n’avait pas besoin de 2h38 pour ça.
A mon avis, on aurait filé un petit caméscope au réalisateur pour qu’il nous ponde un court métrage tourné dans sa salle de bain, ça aurait amplement suffit.
Voici la bande annonce et comme par Zazard, on y voit la scène ou apparaît la zigoune



DEB dit :
J’y crois pas. C’est un gag, non ?